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J'ai créé un
show au Green Mill intitulé "Uptown Poetry Slam".
On fêtera bientôt son vingtième anniversaire. Il a été joué pour
plus de soixante dix mille personnes, et autant de bouches et de
paires d'oreilles. Certains l'ont trouvé "nul à chier"
et d'autres l'ont trouvé "génial".
Ce spectacle, mélange de scène ouverte, invités de marque,
comédie musicale, art dramatique et interactivité avec le public,
a pour particularité d'être une compétition "pour
rire" entre poètes, arbitrée par des juges choisis parmi
les spectateurs. Bien que le show ait toujours mis l'accent sur
les performances oratoires des poètes, c'est la compétition,
par son rituel dramatique, qui a suscité l'intérêt des médias
et son engouement populaire. Est-ce une bonne chose ? Parfois,
je pense que non.
Le slam ne m'appartient pas. Il appartient à ceux qui consacrent
leur temps, leur argent et leur énergie à ce format interactif
né à Chicago pour présenter la poésie à un public qui
a d'autres chats à fouetter et tant d'autres sollicitations alléchantes
pour attirer son attention.
Suis-je fier de la communauté qui a grandi sous l'effet de
mes maigres efforts ? Oui. Et j'espère qu'elle continuera à grandir
dans le droit fil des références de ce que nous appelons "la
famille Slam":
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Le spectacle
et son rapport au public sont plus importants que chaque performance
individuelle.
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Les règles
ne sont pas le but, le but, c'est la poésie.
(Alan Wolfe)
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Le spectacle
de la poésie est un art, tout autant que le fait d'en écrire.
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Le but
de la poésie, et de l'art en général, n'est pas de glorifier
le poète mais plutôt de
célébrer la communauté à laquelle il appartient.
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Personne
n'est tenu d'écouter le poète. C'est à celui-ci de communiquer
avec efficacité, art et sincérité afin d'obtenir l'attention
du public.
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Le slam
doit être ouvert à toutes et à tous ainsi qu'à toutes
les formes de poésie.
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Chaque
organisateur de slam doit être libre d'attache
de toute structure extérieure et n'a de compte à rendre à aucune
autorité si ce n'est à la communauté des poètes et au
public.
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Aucun groupe,
individu ou organisation extérieure n'est censé exploiter à
son profit le mouvement slam. Nous sommes liés aux efforts de
chacun dans la communauté. Les réussites individuelles
sont des prolongements des apports antérieurs. Le succès de
l'un rejaillit sur tous.
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Le Slam
National a commencé par être un hommage d'une ville à une autre
ville. C'est un don de la communauté des poètes à tous
les nouveaux venus.
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Certaines
théories peuvent impressionner le néophyte. L'esprit communautaire
du slam est en conflit permanent avec les ambitions individuelles
et les appétits égoïstes. Ce combat
pourrait détruire la cohésion et la créativité du mouvement.
Vous l'aurez deviné, je suis du côté de l'idéalisme et
de l'espoir.
Marc Smith ("Et alors ?")
Traduction Jean-Jacques Robert, adaptation Tsunami MC assisté
de Petit Modèle.
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