bonsoir tout le monde , je viens de m'inscrire et je commence tout normalement par me présenter en poésie
Rencontre avec la poésie
Ce n'est ni la cohue de la bêtise humaine
Ni les nuits obscures, ni les pulsions malsaines
Que cher auditoire ! Je viens te conter
Mais une rencontre qui ne cesse de m'enchanter
C'était par une de ces nuits d'été ou l'ennui
Dieu des vices et prophète des ennuis
Coinçait en ma gorge un profond dégoût
Enjolivant à mon âme, le plus laid des petits goûts
Comme un démon banni de l'enfer céleste
Seule et déracinée, je me lamentais
Lorsque j'entendis une musique des plus funestes
Et soudain mes veines vidées se sentirent ensanglantées
Comme une plainte fuyant d'une aire antique,
Ce chant me transperça la peau comme des versets cantiques
Et si s'en était épris Adam notre père
Satan se serait prosterné en toute sa splendeur
D'une voix confuse, semblable à un violon épileptique
Ce chant troublait le vent avec ses airs mystiques
Il flottait et s'éparpillait, et comme un monstre, gisait
Et dans un langage des plus ornés, la voix disait :
« Je suis la poésie, le labyrinthe sans issue
Dans lequel tu te construiras une demeure bien aisée
Je suis la vermine qui ronge jusqu'au sang, les déchus
Et à laquelle tu t'offriras jusqu'au dernier de tes baisers
Je suis un pays lointain, celui des vices et des névroses
Dans lequel se réécrit le passé et se métamorphose
Le bien et le mal, entre mes lignes, foisonnent
La laideur crée la beauté et au néant, la passion s'abandonne
Je sais au fond du lit d'un solitaire mélancolique
Semer la douceur des vieux chants celtiques
Et quand à ma fantaisie se joint le vin
Je fais naître de la perdition les discours les plus fins
O combien, âme en broussailles ! Me chériras-tu donc
Quand, sous tes pieds, je déposerai l'absolu qui te manque
Et quand c'est l'infini à son entier que je t'offrirai
Tu me feras loi, même si celle des hommes te bannissait
Je serai force et ferveur, je serai fièvre
Quand les mœurs se feront lourdes et que le cœur se fera mièvre
Et si c'est à l'abîme que mènent tous les chemins
Mon chemin à moi, mène à la beauté de l'humain
Viens dans mon monde et tu y trouveras ton cœur
L'ultime jouissance et le sublime en toute sa grandeur
Et même agenouillée au pied d'un trône
Tu te sentiras reine avec des milliers de couronnes
Je suis la poésie, de tous les arts, je suis le suprême
Viens dans mon monde et tu y trouveras la vérité
Celle de tous les temps, celle de la foi et du blasphème
Dieu créa l'homme et la poésie est humanité ».
Puis la voix s'est tue en me laissant une feuille vide
Quelques ratures sur le papier ont donné mes premiers vers
En cette nuit bénite, j'ai composé « porte de l'enfer »
Le venin m'a pénétrée et des mots, je suis devenue avide
Et depuis, j'ai écrit pour vivre et j'ai écrit pour résister
J'ai écrit pour me dire et j'ai écrit pour exister
J'ai écrit des vers en acier et d'autres en porcelaine
Des poésies un peu modestes et d'autres beaucoup plus hautaines.
J'ai écrit pour changer le monde et j'ai écrit pour moi même
J'ai écrit, au bout du compte, pour expliquer ce qui me malmène
J'ai écrit toutes les nuits à la quête de cette vérité
J'ai écrit l'âme blasée et j'ai écrit pleine d'ambiguïté.
Le chemin a été long même avec quelques raccourcis
Mais j'ai enfin trouvé, je l'ai trouvée cette vérité
Si dieu a créé l'homme et lui a donné la poésie
C'est pour qu'au bout du compte, il ne meure pas de vérité.

