JULIA

SOMMAIRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SEIZE

A chaque fois que je regarde dans le soleil
Être une actrice ou juste en avoir l'air Je me regarde dans la glace et je me jure: si a dix neuf ans je n'ai rien écrit, je me tue. Après, je bois de la grenadine et je sers du thé amer à maman qui me dit: tu es triste? Et je dis non mais je pense : c'est vrai ça, je suis triste, pourquoi ?

Seize ans, seize ans...
Dix ans dont je ne me souviens presque pas, deux ans que je préfère oublier. Une princesse l'année de mes treize ans, une princesse qui est une tapisserie de

sang à motifs de rire ou le contraire.
Une princesse qui a renversé ma vie. Depuis, trois ans de cette a-do-le-scence merveilleuse, trois ans qui sont toute ma vie en réalité. Et après, et après? Alors ma chérie, qu'est-ce que tu veux devenir? Papa... Sur les tables de nos bahuts, il a été écrit: deviens ce que tu es mais je ne veux pas devenir, je veux être. Alors ma chérie, quelles études tu vas faire? Maman... Tu dis fais attention à ton plus tard mais tu parles d'école. Mon futur, mon futur... si ça existait vraiment, on serait tous sûrs d'en avoir un.


Cette chose qu'on appelle ma vie, que vais-je en faire?
Dans ma tête j'ai déroulé mes rêves. Je veux les errances grises dans la cuisine. Je veux les pleurs sur le parquet, je veux les jolies blessures, je veux les douches tièdes, je veux les couronnes de plastiques, je veux la vérité, le miroir de la feuille tous les matins, je veux le danger et la tendresse et les syllabes perlées, je veux la tristesse infinie et la joie aiguisée.
Je suis pas aveugle Je suis pas un couteau Je sais vous avez des rêves
Je crois vous pensez à moi Mais quand je vomis un truc Je le vomis toute seule Et que je sois la fille de vous ne changera pas la fille Celle que je suis, la vraie !
Vous avez l'impression que je vous arnaque?
Moi, je crois que c'est juste que je ne suis pas vous. Tu sais, j'ai appris à aimer le mot abîmé. Et à mettre du papier brillants autour de mes douleurs pour pouvoir

continuer à les regarder. Et tu sais j'ai appris à avoir l'air triste quand on me disait des choses belles. Tu sais j'ai appris à avoir peur des garçons aussi. Quelques petits princes courent après ma citrouille mais je ne les ferais pas monter. La vie qu'ils ont à m'offrir n'est pas celle que je veux
Ayrton et ses promesses poisseuse, Marius qui me mordait, Hugo et sa douce faiblesse, tout un passé perdu. Laisse tomber, mec, laisse tomber.
Y aura t'il des lendemains pour les gens comme moi
All tomorrow's parties, si demain est une fête je serais là demain. J'aurais pas seize ans toute ma vie. Nous sommes imbibés de pesticides depuis notre 

enfance. Un peu de H. Un peu de poudre. Un acide. Des litres de cocktails hasardeux. Qu'est-ce qu'on risque. Dans nos corps tout est déjà tellement malade. Pleins de sucre. Pleins d'artifices. Nous sommes des bonbons empoisonnés. Des poupées de plastiques bourrées de nucléaire. Et ce sang que nous cherchons à contempler comme notre vie n'est sans doute que du colorant rouge cochenille.

Oh construire un monde de coca et de vernis à ongles, de chaussures à reflet de scarabées et de roses coloriables, de bonbons au cactus et de mégots décapités, de jeans trop larges et de fauteuils bancals, de miroirs et de lumières tamisées, de seringues de grenadine, de liberté bien sûr, et de musique qui tue, de meringues ensanglantées, de talons brisés, de guerres cadavériques, un monde qui ne soit pas vraiment faux, juste faussement vrai.

Et je veux être vieille, vous savez, je veux des soutifs rose thé et de petites barrettes dans mes cheveux durs. je veux des mains gercées, des chaussures à boucles de petites perles aux oreilles Je veux des robes en tweed et des chapeaux fripés.   

JE VEUX VIVRE TOUT VIVRE !                  Je n'ai pas pu résister. La coupure est

minuscule mais je l'aime déjà Le sang perle et j'ai mal comme une chaussure de verre qui explose. Ma vie bat fort. Oh je la sens c'est elle. Elle brille Mais qu'est-ce qui sort de moi. Oh je ne suis pas que ce sang qui galope putain. J'ai trop mal pour ne pas mériter autre

chose. La vie est dure... Oh je vous emmerde. Ouais parfois je voudrais mourir parce que je commence à croire que ça me sauverait. C'est ce que j'ai pensé pour réussir à faire voler la lame. Que c'était comme offrir des faux ongles à cette foutue mort de mon coeur.

Papa, maman, si vous me lisez parce que je suis morte, il faut que vous sachiez que l'amour est une page écrite une page écrite une page écrite une page écrite une page écrite. Putain, j'ai vraiment envie de disparaître pour que la vérité prenne mes fringues. J'ai beau crier, j'ai toujours serré mes maquillages trop fort.

J'ai tout balancé Papa Maman je vous ai dit qui j'étais
Ma mère a pleuré comme un adulte comme un film
Elle m'a repeint le dos ça m'a fait mal je crois
Et puis je suis sortie j'ai couru dans le vent les gens me regardaient et je me suis demandé si un truc comme ça se voyait dans mes yeux. Moi, j'étais heureuse à en mourir tout d'un coup d'être.

On dirait que tout a été oublié

Vous direz que ce n'est qu'une supercherie,
Mais ça fait une éternité que je n'ai pas menti.
Zhe Xie Hua Na Pa Hui Shi Ni Sheng Wo De Qi Wo Ye Yao Shuo
Cet mot, même si je sais qu'il vous mettra en colère, je le dirais:
Ecrire

 

SARAH

Un jour incoloriable
La pluie était plus effilée qu'un poignard
Oh ma princesse de feu
Belle comme une perle de verre
Je te regarde et je ne suis plus perdue
Tu es la carte postale de mes si longues vacances
Je te regarde et ma douleur se fait fruit confit
Au sucre de tes lacs d'obscurité
Mon eau de vie
Ma bulle endiablée
Parfois tu me tues d'une mèche orange
Mais demain est toujours là
Comme un amoureux transi
Que nous partagerions
Tu me donnes envie de manger des fleurs
Lorsque tu infuses ta belle mélancolie rouge
Du métal de ton armure
Je suis dure
Tu es dure
Je suis dure comme la glace d'un miroir
On se bat
On se bat
Mais on eu la même jeunesse
Et quand je suis méchante, ma princesse étrange
C'est que la tristesse bat dans mes seins
Comme tes doigts sur la table de notre vie
Je ne veux pourtant pas serrer mes cheveux fort autour de
Ton cou perdu
Simplement parfois tu es trop pour moi
Tu es trop
Tu es trop
Mon tissu moiré
Ma boucle d'oreille assassine
Tu as souffert par moi
Sans que je le sache
Ta vengeance éclate comme une vitrine
Et je suis le cadavre dans la voiture renversée
Qu'avons nous fait de James Dean
Ma reine brûlée aux gâteaux malades?
Toutes ces fois où j'ai cru que tu étais morte
Toutes ces nuits où j'ai rêvé du jour où tu me laisserais
Ma jeune fille indépendante
Ma statue d'opale
Incandescente comme une cigarette en forme de flingue
Petite bouteille vernie de grunge
Si semi-précieuse semi-dangereuse que je crains les gifles
Tremblantes de tes yeux
Je t'aime, ma princesse
Ma Sarah pour toujours
Je t'aime comme une balade
En chaussures à talons
Sur un boulevard d'Hollywood.

 

 

ÉCRIRE

Je suis en train de me noyer
Dans cette écriture folle qui sort de moi
Elle est mon amante, ma tortionnaire
Elle m'enferme dans l'encre de ses pages
J'aimais la fête et le bruit
Je suis plus muette qu'une plume
L'écriture m'a pris ma voix
Mes doigts galopent
Et je ne sais pas ce que je deviens
Qui est cette fille dont on me parle?
Qui sont ces gens qui s'embrassent?
Ma vie se déroule seule face au mur, les doigts sur le clavier
Et j'ai beau haïr tout ça
Je ne veux pas vivre autrement
L'écriture a pris mes sens et ma raison
La joie ne me quitte plus de savoir qu'il en est ainsi
L'écriture dirige les chevaux sauvages de mon esprit
Mes amours se tordent
Je veux un garçon qui saurait me lire
Je veux un garçon qui saurait se taire
Je veux un garçon qui me rattache à la vie
Comme des boucles d'oreilles trop lourdes
Tout ça a l'air d'un mensonge fier
Mais pour la première fois
Pour la plus belle fois
C'est VRAI
Je suis vraie
Je suis vraie
Je suis vraie
Je suis Lo Aded
Je me suis trouvée
Pleurez pas
Parce que je le ferai


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Photos : Tsunami MC
© planeteslam.com 2003





 

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Précision :
c'est du deuxième degré !