LE ROBERT

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LE ROBERT SLAM

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Le petit prince

J'étais le petit prince
un dessin de mouton tatoué sur le coeur
j'ai continué ma route
de planète en planète 
à rechercher mon monde
m'embauchant comme 
courtier, matelot ou putain
pour payer mon passage
sur des vaisseaux magiques

J'en trouvais des psychédéliques
La fumée... la fumée
La fumée des fleurs brûlées
grandissait l'horizon
pour le parer d'étoiles de couleurs
que mes pareils cousaient 
sur des vestes afghanes

La fumée... la fumée
La fumée des musiques
accélérait le battement
de nos coeurs généreux
nous nagions dans les eaux troublées
des marécages hypnotiques

Et puis, j'ai continué ma route
j'ai marché dans des déserts
où il ne peut y avoir
que son propre chant
pour donner l'illusion de la vie
à la sécheresse des roches d'opales

Je scrutais la matière de toute chose
au dessus, en dessous, à travers
mais je ne trouvais pas mon monde!

J'ai échoué aux confins
des mines d'Yllirion
sur Cassiopé
Un barman à la gueule de termite me servait
des breuvages glaireux
et mes yeux
étaient rougis de forcer
mon regard sur les choses
jusqu'à ne plus voir que
le grand vide entre elles.

J'étais accroc à des poudres
qui sentaient le varech
et dans lesquelles grouillaient
des animaux crabes
des animaux pieuvres
des animaux si étranges et terribles
si horrifiant
que je passais mes nuit
à les jeter, sanglant,
contre les miroirs de mes vies

je ne trouvais pas mon monde !

Je suis reparti explorer le grand cube
parsemé de parcelles de conscience
Arpenteur de la galaxie
je devins presque aveugle
de voyager entre les feux des milles soleils.

J'ai été le héros d'un monde d'humains hallucinés
vénérant un dieu-machine
dont ils avaient oubliés qu'il en étaient les créateurs
J'ai débranché leur
putain d'ordinateur
ET
ils se sont tournés
vers moi
espérant adorer
une autre servitude...

LES CONS

Je ne trouvais toujours pas mon monde!

Mon mouton tatoué sur mon coeur
suppurait
et je me transformais
liquide
en bulle d'eau maintenue par un champ de force
traversé par des tempêtes de doutes
flottant sur un monde de souffre.

Je ne trouvais pas mon monde.

POURTANT
On m'admirais car j'avais un but, une quête
alors que dans tous les mondes
même les plus anciens
régnait l'incertitude 
de la fragile existence

je devins une histoire, un conte, une légende
Un fable peuplée de milles faits faux
de quelques vérités que les marins contaient
dans tous les ports des mondes

On me connaissait déjà
avant que je n'arrive.

On me payait à boire dans les maisons de passe
des quartiers louches du
centre galactique
et
Je racontais mes voyages
à tout ceux qui ne bougeaient pas
qui savaient
qu'ils avaient
eux aussi un monde à trouver
MAIS
qu'ils n'avaient pas eu LE TEMPS ...!

Plus personne ne regardait
les pulpeuses créatures qui se déhanchaient
sur la scène du bordel
lorsque je racontais mes histoires...

J'étais devenu ma propre planète.
OUI
J'ETAIS DEVENU MA PROPRE PLANÈTE

 

ARAGNE

Je cherchais dans la foret vierge des fleurs anacondesques
Accompagné d’une aragne velue
On m’appelle « le peintre des visages » dans les villes capitales des cinq planètes.
 Mes tarifs sont les plus chers, j’ai œuvré pour… !
Car il ne s’agit pas tant qu’être artiste que d’être bien payé pour l’être.
Je sais peindre l’âme des riches armateurs des vaisseaux marchands
La jovialité sociale de leurs épouses quinquagénaires.
La beauté innocente de leur enfants trop nourris.

Quelques journalistes culturels me devaient des faveurs !
J’avais fournis de jeunes amants à des galéristes influents !
J’avais soutenu des politicards de toutes obédiences par la flatterie
Je connaissais leurs cœurs ! J’ai rendu la photographie à son statut d’art passable !

Je cherchais dans la grande foret vierge des fleurs anacondesques
Pour en extraire le pigment ! Car c’était un point d’honneur
De ne me servir que des couleurs du monde sur lequel je marchais.
Le soleil, ici, était rouge. Tel était ma dominante. L’artiste doit s’adapter !

L’aragne de ses huit pattes me frayait un passage vers les chutes d’eau du fleuve !
Elle mâchait les arbres de ses impitoyables mandibules,
elle écartait de ses membres puissants les fougères aux venins.
Elle me tissait des ponts de toile pour franchir les ravins.
Elle ne se retournait que pour vérifier si je la suivais bien. Elle portait mon paquetage et mes instruments, ma palettes et quelques toiles vierges si l’envie m’en prenait.

Elle était mon cheval, mon garde du corps… ! Elle n’avait que l’intelligence d’obéir à mes ordres. Ainsi en était il sur cette lune habitée de la planète de Dante… les femmes et les aragnes servaient !
Ils suffisaient d’y penser suffisamment fort pour qu’elles s’exécutent !

Les unes par soumissions culturelles, les autres par dressage.
C’est pour cela que je me suis établi ici plutôt qu’ailleurs.
Il n’y a que ces efféminés de la fédération et de l’empire terrien pour penser qu’il peut en être autrement. 
Les mondes éloignées ont l’avantage de ne pas être soumis à la castration des masses et de leurs trop bons sentiments.

Nous arrivions en haut des chutes sur la rive ouest du fleuve et je mis mes oreillettes pour protéger mes tympans du bruit.

Les fleurs se déployaient plus bas. Leur corolles d’un rouge sanguin s’élançaient entre ciel et eau brumeuse. D’où j’étais elle semblaient minuscules mais je savais qu’elle mesurait la taille de l’aragne au garrot. Ou pour être plus précis, trois fois et demi ma taille !

Je rentrais en contact télépathique avec la créature pour qu’elle me dévide un fil le long de la cataracte.

Elle ne bougea pas.

Peut être n’avait-elle pas compris, cela arrive parfois !

Je visualisais le fil, la manière dont j’allais le saisir pour descendre jusqu’aux fleurs.

Elle resta, comme accroupie sur ses huit pattes articulées poilues de mousse rouilles. Ses cinq yeux semblaient me fixer. Et je laissai passer dans ma tète un soupir inquiet ! Avant de me laisser emporter par un sentiment de terreur pure !

Il était inconcevable qu’une aragne n’obéisse . Une aragne était le prolongement de son maître. Le lien était trop fort ! Elle me servait depuis sa petite enfance (cinq longues années) !

On disait même que certaine, plus âgées encore, vivaient sans cesse en contact avec leur propriétaire, jusqu’à anticiper leur moindre désir.

Enfin, elle se mit, à mon grand soulagement au travail.

Je m’accrochais au fil, en l’enroulant autour de ma taille comme un baudrier et je me laissais descendre au fur et à mesure de son excrétion par la bête.

Au milieu des chutes, elle s’arrêta et commença à m’envoyer des images familières car j’en avais émis certaines pendant notre progression. Inconsciemment, comme dans une rêverie.

Les images érotiques de mes relations violentes avec les femmes.

L’étonnement de mon dernier apprenti lorsque je l’insultais lorsqu’il n’était pas à la hauteur du travail demandé.

Un sentiment de honte mêlée de contentement de soi lorsque je vendais un tableau plus cher que la valeur que je pouvais honnêtement lui attribuer.

Le signe de l’infini qui ornait les vaisseaux rares de la fédération flottant sur un ciel étoilée accompagnée d’un trait de flèche que je ne pouvais qu’interpréter que comme un violent désir de vivre.

Et puis, le vide… plus rien. Une grande tristesse !

Je suis resté trois longues journées et nuit, accroché à ce fil en me balançant sous la chute d’eau et me heurtant au rocher. Des secours m’ont retrouvé. L’aragne avait disparu après m’avoir accroché à un troncs d’arbre. Elle semblait avoir disparu de la surface de la lune.

Aucune de sa race ne m’a plus jamais servi !

 

Dans la courante existence
 existent des moments magiques

Au delà du langage et de la bienséance !
L’écriture libère les mots de leurs insignifiances
Le poème est une cornue d’alchimiste dans laquelle baignent
Comme aux temps anciens les briques élémentaires de la matière
Aux coeurs chauds des soleils.
Une fois figés dans leur forme idéale, ils sont expulsés vers les autres aux risques complexes d’être mal adaptés à la timidité de nos vies
On se traîne des sentiments de perte illusoire, on se raconte des histoires, on a peur.
Et puis, les mots en vrac se mettent à roder, loups affamés de signifiance.
Le poème sincère et nu est une muraille contre les loups.
Le poète est un chevalier sans autre armure que les surprises du langage.
Il désarçonne le mal des destriers de pouvoir.
Il a la force et la prétention de cette force, il a le regard qui ne dévie pas du chemin sans cesse mouvant qui mènent aux vérités essentielle
Les mots des loups ne sont pas de la même matière que ceux des poèmes. Ils n’ont que l’apparence du pratique, de l’utilité immédiate.
Dans certaine boite de mon pays la langue du pouvoir, de l’encadrement est un anglais de management.
Le pouvoir se branle dans le méta- langage des robots libéraux.
Ecoutez une conférence de presse de raffarin. Notez la simplification hâtive des souffrances humaines.
Ecoutez les, ces imbéciles traiter d’idéologues n’importe quel citoyen qui émet ne serais ce qu’une idée dans un poême, un souffle, un silence, une musique… Ecoutez les bien ceux qui se pensent directeur d’ âmes alors qu’il ne sont que président de conseil d’administration, c’est à dire des RIENS.
Qu’ils nous convoquent au tribunal, ces fantômes d’humanité qui nous suspectes d’idéologies.
Nous n’abandonnerons ni les idées, ni la logique, ni la réflexion, ni les manifestations de nos colères qui ne sont que l’animation concerté des battements de nos cœurs.
Nos fibres nerveuses sont branchés sur le monde, nous le caressons, nous le faisons jouir, nous le comprenons de tous nos sens, de tout notre amour
Nous nous enivrons de son parfum !
Nous nous foutons des bonheurs illusoires qu’ils essayent de nous fourguer en douce à coup de publicité béate
Nous nous préparons à leur foutre sur la gueule
Le nouveau siècle n’est pas à eux, il est à nous !
Si il s’imagine le contraire, nous allons leur rappeler !
Nous avons le courage et la colére des inventifs . Ecoutez-nous !
- Il n’y a pas d’heure, ni de date, ni de bons ou de mauvais moment, ni de lieu pour nos mots

 

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