NADA

 - HUIT POÈMES -

SOMMAIRE

 

 

Autobio

poèmes

Parties de nulle part

Mal dans l'âme

Du nord au sud

Huit poèmes

 

 N'incite pas au crime 

Dans l'univers du fric, des flics et de la nique
le transfuge poétique déverse sa chronique,
au coeur de la panique, le vagabond mystique
versifie ses cantiques sur un beat névrotique.

L'oseille est ton idole, tu aimes les grosses bagnoles
les voitures maquillées la nuit dans les sous-sols,
numéros effacés, jeux de frappe, tu bricoles
dégottes une carte grise pour un retour de vol,

quand j'appuie sur ton nez, il sort encore du lait,
pourtant tu joues les boss dans ton cabriolet,
les dingues, les feux follets, les Séna au rabais
8.6, deal de quartier, canons sciés, cran d'arrêt,

du haut de tes vingt ans tu jures sur le coran
sur le bitume du nord tu t'envoles à deux cent,
mais la vitesse ma gueule n'est qu'une fuite en avant
la spirale de la mort, du stress et du néant.

Rouler toujours plus vite, avoir la plus grosse bite
vivre dans le purin des profits illicites,
afro, européen, maghrébin, tunisien,
frangin dit moi pourquoi tu chies sur les anciens,

est-ce au nom de l'islam que tu fourgues la came
est-ce au nom du prophète que tu t'envapes la tête,
est-ce au nom du divin que tu t'enfonces blaireau
en plongeant dans la fange des vices occidentaux,

où est passée ton âme, où est passée ta flamme
ce chant tribal changeant la souffrance en espoir,
sera-t-il asservi, sacrifié au dollar
immolé sur l'autel du meurtre et du pouvoir.

N'incite pas au crime au travers de tes rimes
le hard kore est dur mais sa parole est pure.

N'oublie pas qu'un rapeur c'est aussi un griot
un disciple du style responsable au micro,
pas seulement un laskar débitant des gros mots
pour se payer une Benz ou un G.T turbo,

la rengaine éternelle du flouze, du matériel
ne comble pas toujours le vide existentiel,
frérot ton septième ciel n'est qu'une tour de Babel
qui t'enchaine à la haine et au bonheur virtuel.


Tu veux des meufs, du cash, une vie dorée qui flashe
phraser comme un apache sur un ridim qui smashe,
mais les mômes qui t'écoutent se noient dans les ruisseaux
toi tu fais l'mac, eux passent devant des tribunaux,

tu ne leur envoies pas de mandats au placard
il se branlent en cellule, tu fourres comme un queutard,
ils fument du tabac bleu, toi tu fumes des cigares
tu baises des top model, eux croupissent au mitard.


Les chateaux de béton se découpent dans la brume
donjons de la cité dont les lumières s'allument,
écrase le champignon, monte la sono à fond
rentre dans ton duplex écrire sur les bas-fonds,

fais toi sucer d'abord, les nymphes aux cheveux roux
adorent les matadors, les bandits, les voyous,
champagne pour la pute et coke pour le marlou
déchéance et gros sous, des miches, une bite, un trou.

N'incite pas au crime au travers de tes rimes
le hard kore est dur mais sa parole est pure.



  Kiffe la merde city 

A kiffe la merde city
il y a des tours de verre,
des empires financiers
dans des buildings austères
pleins de types tout zarbis
qui ne roulent qu'en Rolls Royce
et qui fourrent leurs pénis
dans l'anus des sales gosses.

A kiffe la merde city
j'ai vécu l'amour fou
avec un androgyne
mi-tapin, mi-voyou,
j'ai noyé mon chagrin
dans le creux de ses reins
et perdu ma rondelle
dans sa croupe torrentielle.

A kiffe la merde city
les cris d'enfants battus
se mélangent aux jurons
des mendiants dans la rue,
le crime et la bassesse
s'échangent les mêmes caresses
que celles de deux boxeurs
face au stadium en liesse.

A kiffe la merde city
mes sticky fingers sont bluesy

A kiffe la merde city
ceux qui n'ont pas d'maison
méditent leur exclusion
dans des temples en carton,
des mômes gavés de spleen
sniffent la colle à rustine
en écrivant leur nom
sur les murs des latrines.

A kiffe la merde city
y'a qu'les putes qui sourient
pour te dire " viens chéri
viens sucer mon hostie,
pêcher mon clitoris
dans les viviers du vice,
me boire jusqu'à l'ivresse
la tête entre les cuisses."

A kiffe la merde city
le remède c'est l'oubli
la fuite, l'anesthésie,
le coma, l'amnésie,
et les condoléances
qu'on murmure en silence,
quand la mort vient bercer
ceux qui dorment à ses pieds.

A kiffe la merde city

mes sticky fingers sont bluesy


 Publivore Blues 

Petite juive tunisienne, élevée dans une cité
elle connait la galère et les halls dévastés,
elle n'est pas toxicomane, elle étudie sans arrêt
afin de réussir dans la publicité.
Bien au dela du bac elle a persévéré
pour s'ouvrir les portes d'un milieu très fermé,
elle rêve simplement de devenir la meilleure
ce leitmotiv malfaisant sert de moteur à son coeur,
quand tu lui parles d'amour, elle s'effondre en pleurs
c'est une publivores hermétique au bonheur.
Un samedi par mois, elle emmène au macdo
des gosses de la Courneuve qu'elle a connu au berceau,
Mamadou et Dialo, les garnements maliens
Djamila la kabyle à l'avenir incertain,
trois lutins de quartier criant de vérité
que l'appat du gain destine à mal tourner,
trois lutins de quartier criant de vérité
restent ses seuls moments de paix et de sérénité.
Une fois que les gamins retournent vers leur mère
elle continue à bosser sur ses argumentaires,
gavée de scénarios, de films de vingt secondes
changement de décor, elle passe dans l'autre monde.
Il n'est question que de délais, de trouver des idées
tirant un trait sur la vie et sur la liberté
pour ses objectifs elle a tout sacrifié,
la névrose et la solitude l'ont alors enlacé,
elle a donné au démon de la passion carnivore
sa sensibilité que le monstre dévore,
du lundi au dimanche, elle boit du café fort
le soir aucun amant ne pose de baisers sur son corps,
elle choisit de fusionner avec la mort volontaire
en combattant le dragon pour arriver la première.

La pendule et les aiguilles des années ont tourné
dix printemps de tortures se sont écoulés,
35 ans célibataire, adulée dans son milieu
un désespoir sans fond marque ses jolis yeux,
sa sphère professionnelle, un panier à chacal
peuplé de sangsues, de parasites et de vandales,
mensuellement parlant elle vaut 50.000 balles
mais à l'intérieur sa déchéance est totale.
Son chef d'agence la presse comme un citron
pas une journée ne s'achève sans qu'elle pète les plombs,
le vampire boit la sève de son inspiration
et lui donne en retour colère et dépression.
Dès qu'elle quitte son boulot, qu'elle se voit dans la glace
elle s'effondre à genoux, le nez dans les godasses
elle a réussi ce qu'elle a entrepris
oubliant que l'amour est essentiel à la vie,
aujourd'hui au sommet, baignant dans la folie
un grand trou noir profane son coeur endolori,
Essayant l'analyse, la psychothérapie
elle se bourre de cachetons pour s'endormir la nuit.
Un soir épuisée, seule et à court d'idées
sans le secours d'un ami pour la réconforter,
elle s'enferme chez elle et gobe 10 nembutals
pour mettre un point final à ses angoisses viscérales.
Sa mère passant la voir à son appartement
la découvre à l'état de cadavre puant,
en phase de décomposition avancée
morte en regardant passer les spots à la télé.
A l'agence un jeune loup vient de prendre sa place,
depuis le temps qu'il voulait rétamer cette pétasse
le diable a fait le travail, bon voyage connasse
un requin en costard va palper la caillasse.

A la Courneuve, Mamadou et son frangin Dialo
gravissant les échelons font du bizness en gros
et Djamila la gamine qui déclame en argot
est désormais prostituée, toxico et séro.
Mais les coeurs de crevards n'ont jamais oublié
celle qui les emmenait le samedi au ciné,
lors de ses funérailles les enfants de la haine
défilèrent plus nombreux qu'à celles de Paul Verlaine,
des larmes vraies coulaient, même les pitbulls pleuraient,
tous les dealers d'héro, les voyous du quartier
submergèrent de fleurs le cercueil de leur dulcinée.
La poèsie des morts vivants sublime à en crever
embaumait de silence les rues d'Aubervilliers,
sur un ciel clair planait, l'ombre de Jean Genet.
J'ai laissé se former ma larme d'ascétone
et le fleuve de ma peine immergeant Babylone,
le fond d'une poubelle vit naître avec respect
l'amour transmis par les parias que le système condamnait.

Nada - 05 - 96.



 Une vie sans amour 

Une vie sans amour
C'est un ghetto sans gangs de dealers,
Du James Ellroy sans sérial killer.

Une vie sans amour
C'est une cave sans ses tournantes,
Une mouche à merde sans sa fiente.

Une vie sans amour
C'est l'homosexuel sans la sodomie,
Une rave party sans ses ecstazys.

Une vie sans amour
C'est l'empire sans la décadence,
La mort sans la délivrance.

Une vie sans amour
C'est du rock'n'roll sans Elvis le King,
Le World Trade Center sans ses deux boeings.

Une vie sans amour
C'est un boucher sans son hachoir,
Le bétail sans son abattoir.

Une vie sans amour
C'est un junkie sans sa morphine,
Une dose de trop sans héroïne.

Une vie sans amour
C'est un aveu sans sa torture,
Un charnier sans sa pourriture.

Une vie sans amour
C'est un camp d'concentration,
Sans ses exterminations.

Une vie sans amour
C'est une ile sans mer autour,
Une charogne sans ses vautours.

Une vie sans amour
C'est une poubelle sans ses ordures,
Un tyran sans sa dictature.

Une vie sans amour
C'est l'horreur sans l'épouvante,
La diarrhée sans la courante.

Une vie sans amour
C'est l'tiers monde sans malnutrition,
L'pédophile sans ses p'tits garçons.

Une vie sans amour
C'est juin 40 sans les allemands,
L'trou du cul sans les excréments.

Une vie sans amour
C'est du zyklon B,
sans rien à gazer.

Une vie sans amour
C'est un vide sans son précipice,
Une cramouille sans son clitoris.

Une vie sans amour
C'est la bite sans ses érections,
L'coït sans la pénétration.

Une vie sans amour
C'est Eminem sans Slim Shaddy,
L'exutoire sans sa thérapie.

Une vie sans amour
C'est l'Velvet Underground sans John Cale ni Lou Reed.
Alice Cooper sans Only Women's Bleed.

Une vie sans amour
C'est l'jugement dernier sans l'armaggedon,
La bombe nucléaire sans atomisation.

Une vie sans ton amour
C'est l'crépuscule sans l'soleil couchant
Tes ongles vernis sans leur dissolvant
Et ma main fébrile sans la tienne dedans.

Nada - 03 - 03.



 Sur le fil du rasoir 

Contrée ravagée, peuple massacré, Algérie charnier
Mes cauchemars sont hantés par tes gorges tranchées,
Des vieillards, des enfants débités à la hache,
Mutilés, suppliciés, entassés sous des baches
Avec des mouches tout autour pour leur faire l'amour
A l'horizon nul secours et Dieu comme seul recours.

Au pays des extrêmes y'a qu'l'horreur qui s'paie cash
J'ai mal tout un poème et c'est la rage que j'crache,
Le tiers monde s'entretue, nous fournit du pétrole
L'Europe l'alphabétise en pillant ses sous-sols,
Les empires coloniaux se partagent le pactole
Et les despotes légaux dansent la grande farandole.

Europe les basanés se soignent de tes viols
En choppant la vérole que ton phallus leur colle,
Tous tes excommuniés font du bizness, du vol,
De la drogue, de l'alcool, des patries, des idoles,
La fureur, la colère sont leurs portes parole
Ils couperont ton jarret si tu joues la mariole.

Ces rimes je les ai chiées face au soleil levant
Elles sont mon antidote à l'appel du néant,
L'impuissance versifiée me ramène au présent
Dans mon flux prosatique je m'immerge à plein temps,

Pour l'amour de l'art pas pour celui de l'argent
Dans mon âme encrassée le rap un détergent,
Une prière qui conjure le vice et ses chimères
Ne plus renouveler les mêmes erreurs qu'hier,

Recevoir de nos pères autre chose que la guerre
Changer nos attitudes pour que change l'univers,
Rester droits, rester fiers, même la tête à l'envers

Mon esprit est pervers, mes pensées meurtrières,
La lumière de la foi reste la muselière
Du cerbère qui me mord quand se nouent mes viscères.

Sur le fil du rasoir je chronique mon histoire
Mon poème est un blues, mon stylo une guitare.

T'es blanc, t'as l'impression qu'un noir tape dans tes fesses
A moins qu'il ne te rende la monnaie de ta pièce,
On a souillé leurs Terres, on a copié leur musique
En plagiant nos gangsters, ils nous ont fait la nique,
En nous regardant vivre, ils parodient nos mimiques
En voyant leur misère, ils nous barbent du fric,
Servent de boucs émissaires aux partis politiques
Brandissant l'étendard du fanatisme ethnique.

L'occident plutôt que de juger ses paumés
Ferait bien de méditer sur sa conduite par le passé,
Démocratie, tragédie, farce ou comédie
On a traité comme des garces, l'Indochine, l'Algérie,
Maquée l'Afrique tribale comme la dernière des putes
Comment lui reprocher de vouloir nôtre chute.

Le plus avilissant c'est qu'en nous pourrissant
On a transmis aux métèques le virus de l'argent,
Les nègres révoltés loin d'avoir le poing levé
S'entretuent dans des ghettos par goût de la renommée,


Se noient dans la monnaie, le prestige de quartier
Dans la bouche des radasses à genoux pour sucer
Et le chiffre d'affaire qui vient clore la journée
Quand les gangs de bronzés passent leur vie à dealer,


La liasse, la caillasse, l'obsession matérielle
Les gonzesses crachoir traitées comme des poubelles,
Écarte toi poupée, j'ai ma bite à rentrer
J't'astique, bye bye traînée, j'ai la thune à palper.

Une fois le crime élevé au rang d'idéologie
Sa dogmatique de taré vient nous castrer la vie,
J'ai beau être lucide, faire attention à moi
Ca n'empêche pas le démon de me tirer vers le bas,
Je reste vigilant, j'écris quand j'ai trop mal
Ca peut paraître affolant, mais c'est mon seul idéal.

Sur le fil du rasoir je chronique mon histoire

Mon poème est un blues, mon stylo une guitare.




Le Vrai


Je veux vivre vrai pour mourir soulagé, j'vis ma vérité, j'l'ai pas vraiment cherché, c'est elle qui m'a trouvée.

Je veux vivre moi, faire ce en quoi j'crois, laisser des traces de mon passage ici-bas, puis m'en aller peinard dans l'au-dela.


Je veux vivre vrai, respecter la souffrance, que je lis dans les yeux de ceux qui vont mourir et l'amour qui m'est donné par ceux qui me soutiennent et m'aident à m'en sortir.

J' ai plus la force de mentir, de tricher, de fuir, mais la fureur d'écrire, de lire et de m'instruire, je veux être moi, sans avoir à me détruire, juste guidé par la voix qui m'inspire.

Je veux vivre vrai, m'épanouir dans le chaos, rapper des strophes qui vous fassent froid dans ledos.

Je veux vivre vrai, je veux vivre authentique, presser la chair de l'orange mécanique et m'ennivrer de son jus volcanique.

Je veux vivre moi, propager la panique, répandre dans la ville mon virus artistique, dédier ma prose aux junkies faméliques qui s'overdosent dans les toilettes publiques.


Le temps qui passe mène à d'autres issues, même dans l'impasse ma conscience est accrue.

Je représente les tribus qui galèrent, les anges déchus de la planète misère, je représente ceux que l'on veut cacher et dont le nombre ne cesse d'augmenter.

Je représente la délinquance verbale, progéniture de la fracture sociale, je représente la plèbe et les bas-fonds, ceux qui s'posent plus d'questions, qui n'ont pas d'horizons, pas d'avenir, pas d'passé, le vice, les tentations, les flags et la zonzon, les fracassés, cassés, dans l'béton entassés, mortifiés par la came de mauvaise qualité, cirrhosés par l'alcool, minés par la cité.

Tous ceux qui n'ont plus rien et n'ont jamais rien eu, que les trottoirs, les rues, les faubourgs, les avenues.

Je veux vivre vrai au milieu des tarés, transposer la détresse des quartiers mal famés, vivre ma vérité dans l'dégoût, la pitié, mais pas sans compassion pour ceux que j'vois crever.

Je veux respecter les mendiants, les clodos, les putes, les toxicos, les bronzés, les afros, les taulards, les séros et prospecter les continents nouveaux que mon lyrisme explore dans l'fond des caniveaux.

Je veux vivre vrai sans savoir où je vais, je veux vivre moi sans avoir de regrets, je veux vivre vrai sans rien revendiquer et vivre moi pour ne pas abdiquer.


Le temps qui passe mène à d'autres issues, même dans l'impasse ma conscience est accrue.

 Claire-voyance 

Ma cannibale aux cheveux noirs
comme les ailes de mon désespoir,
dans les abysses de ma mémoire
tes meurtres sont incantatoires.

Je te veux mon soleil mutant
je veux vibrer d'amour déviant,
te sentir jouir en dévorant
mon corps meurtri par le néant.

Je me fonds dans tes bras Corée
m'y épanouis d'atrocité,
les crocs de tes mâchoires d'acier
m'y dépècent dans la volupté.

De ta folie, réincarnée
s'extirpe dans sa nudité
Béatrice plus belle que jamais
malgré le vice et les excès.

La vie devient lourde à porter
quand je regarde à la fenêtre
j'ai juste envie de disparaître,
il fait un temps à faire O.d

un temps à rencontrer Corée
mon anthropophage préférée,
un temps à mourir de torture
à jeter mon coeur en pâture
aux morsures émasculatrices,
de Béatrice la rédemptrice
ma Némésis, ma catharsis
mon oasis dévastatrice.

Telle une Ève croquant dans la pomme

tu croqueras dans mon visage d'homme,
tu s'ras ma joie, je s'rai ta proie,
ton petit Jésus sur sa croix.

Quand tes dents l'auront sectionné
ma verge métamorphosée
répandra son sperme écarlate
sur ta cramouille de psychopathe.

Guidé par tes spasmes déments
je rejoindrai les cieux cléments
non sans avoir bouffé avant
ta chatte immaculée de sang.

Transfiguré par le bonheur
d'avoir chanté un chant d'horreur,
défiguré par tes baisers
je m'éteindrai sans un regret.

La vie devient lourde à porter
quand je regarde à la fenêtre
j'ai juste envie de disparaître,
il fait un temps à faire O.d
un temps à rencontrer Corée
mon anthropophage préférée,

un temps à mourir de torture
à jeter mon coeur en pâture
aux morsures émasculatrices,
de Béatrice la rédemptrice
ma Némésis, ma catharsis
mon oasis dévastatrice.

Claire, la claire-voyance,
Béa, la béatitude
Corée, la corrélation.

Nada - 06 - 03.


11 - 13 - 15

11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça

11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça
11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça
11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça

Les fleurs de l'argent facile, aux lourds parfums hostyles, magnétisent la conscience des délinquants juvéniles.

Le cash rend fébriles, tous les gamins agiles, qui chassent dans la ville, des liasses au cœur stérile, qu'ils dépensent aussi vite, qu'ils ont pu les gagner en remplissant les poches des fourgues du quartier.

Un spliff, une ligne, ils sont nés sous un mauvais signe, un cone, un rail, des illusions pour la racaille, trois feuilles O.C.B, le désarroi part en fumée, un trait au goût amer, du rêve plein les viscères.

Une latte pour papa, une latte pour maman, voici venir le temps de l'ile aux enfants, un arc en ciel pour le néant, dédié aux petits et aux grands, qui voyagent les deux pieds devant, durant leur croisière de printemps.

11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça
11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça
11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça
11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça

Des dealers, des voleurs, des tireurs, des casseurs, des arnaqueurs, toute une game de métiers pour apprendre à faire du beurre.

Des taulards, des tricards, des zonards, des crevards, des roublards, vont direct au placard, sans toucher 20.000 francs, sans passer par la case départ.

Le Monopoly n'est pas un jeu de hasard, l'avenue de Breteuil, ou l'avenue Henri-Martin, mieux vaut les avoir en mains dès le berceau de la naissance, ça permet d'accréditer la théorie de la confiance, de renforcer par l'avoir l'impact du capital chance, susceptible de barrer le chemin à la malveillance.

Pour les parias, les démunis, retour à la fosse d'aisance, parmi les juges et les condés qui se torchent avec nos carences.


Les barjots finiront truands, les autres finiront clochards, le métro pour les manchards, des paillettes pour les stars, le sommeil de la rédemption dans le gouffre du corbillard, le soleil de l'éternité qui vient bronzer les idées noires, ne pleure pas laskar, ce n'est qu'un au revoir, le bon Dieu veille sur ses chiards, pour nous la mort c'est l'espoir.

11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça
11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça
11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça
11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça

En enfer nous serons frères, mais garde les pieds sur terre, grimpe au mur, monte en l'air, tout comme le lierre, par le balcon, par la gouttière, silencieux comme la panthère.

Au diamant, à la ventouse, en flairant l'odeur du flouze, au forceur, au pied de biche, ou par le toit sur la corniche, sans regarder vers le bas, obnubilé par le magot et sans penser à rien d'autre qu'à la cuillère chargée d'héros.

Des bijoux, de l'or, des talbins, le requiem des fifrelins, une couche d'oseille pour les bambins, l'incontinence du genre humain, perte de maîtrise, perte d'équilibre, retour vers le sol en chute libre.

Un cri aigu perce le vide en croisant deux moineaux livides, démembrement révélateur, sur un bitume réprobateur, dernier soupir, dernière douleur, dernière erreur, un enfant meurt, arrêt du coeur, arrêt du pouls, game over, direct au trou.

11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça
11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça
11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça
11 ans la garetsi, 13 ans le teshi, 15 ans la meka, tout tourne autour de ça


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