NADA

DU NORD AU SUD

SOMMAIRE

 

Autobio

poèmes

Parties de nulle part

Mal dans l'âme

Du nord au sud

Huit poèmes

 

R.E.R Ligne B, destination Châtelet
Les bronzés vont zoner, chopper quelques CD,
A peine arrivés, barrage de condés
Sortez vos papiers, contrôle d'identité.
Palper, fouiller, les decs tapent au fichier
Atmosphère survoltée, les mômes sont excédés
Humiliés sans arrêt par la maréchaussée
Qui leur cherche des noises en toute impunité.
Le pouvoir a ses bêtes noires, les minorités
Qu'il oppresse par C.R.S interposés,
La majorité silencieuse est enfin rassurée
Sécurité assurée, elle peut ronfler en paix.
Les fonctionnaires peuvent trimer, remplir leur frigidaire,
rentrer tringler mémère, laisser leur âme au vestiaire,
Vendredi soirée de chair, foutre devant derrière,
Les quatre fers en l'air, la connasse à l'envers,
Regarder la télé, reproduire, copuler,
Faire semblant de s'aimer, fondre de volupté,
Se nourrir du fumier, du purin casanier
D'un bonheur protégé par des portes blindées.

Du nord au sud rien à signaler, on est tous empêtrés dans la toile de l'araignée.

Pris dans les mailles du filet, ferrés comme des brochets
L'hameçon pas possible de s'en décrocher,
La tête contre les murs, les pieds dans le bourbier
Le fil est trop pervers pour qu'on puisse le couper.
Ceux de nos frères qui meurent, ceux qui se font fumer
On les oublie dans l'alcool et dans la foncedée,
On fait tourner la casquette, on leur offre des fleurs
Mais aux funérailles pas l'un de nous ne pleure.
On est révolté, on jure de les venger,
La conscience torturée, on est tous dégoûté,
La réalité c'est que l'on a trop de peine
Et nos larmes jaillissent à travers des cris de haine.
On se réveille avec une méchante gueule de bois
On colle trois feuilles, on crame le bloc de zetla,
Un oinj à péta, on vit sans savoir pourquoi,
On sort du sommeil pour sombrer dans le coma,
Exutoire pera, dans une veka a capella,
Ecrire des lyrics et travailler son zéfra,
Hiver comme été dans mon coeur il fait froid
Pas de soleil pour moi, plus d'espoir dans ma voix,
Tant de tendresse pour toi dont tu ne voulais pas
L'amour me blesse, me stresse, tu t'éloignes de moi,
Dans mes viscères en émoi c'est la bérézina
Je fuis dans d'autres bras la torpeur de l'effroi.

Du nord au sud rien à signaler, on est tous empêtrés dans la toile de l'araignée.

La salope du quartier dans une cave se fait baiser
Dix varkreus font la queue pour aller tirer leur coup,
C'est mouillé, c'est doux, c'est bon, ça pue, y'a un trou,
Un orifice à voyous avec du poil tout partout.
Les queutards grimpent dessus, la dosent, la montent à cru
Pilonnent le con touffu, labourent la raie du cul,
Les laskars frustrés, affamés, sont excités
Ils ont trouvé une chatte, une matrice pour cracher.
Le plastique y'en a pas, nique sa race le sida
Peau de latex complexe et ramollit le sexe,
Quand l'existence même n'est qu'un foyer d'infection
Qui peut juger l'incohérence du coït sans protection.
Il pleut des tours, du béton, du bitume, du goudron
L'urbanisme en action perpétue ses exactions,
Constat noir sur le fond, tentations dans les bas-fonds,
Confusion, contradictions, je me perds, je me morfonds.
Des rimes, une version, sortir de ma consternation,
Chaos, dévastation, pas d'amour à l'horizon,
Tout est bizness, prisons, joncaille, contrefaçons,
Délation, malfaçons, trahisons, désillusions.

Du nord au sud rien à signaler, on est tous empêtrés dans la toile de l'araignée.

 

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