NADA

MAL DANS L'ÂME 

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Autobio

poèmes

Parties de nulle part

Mal dans l'âme

Du nord au sud

Huit poèmes

 

J'ai mal dans l'âme, mal dans l'âme fils, la douleur c'est comme le vice, ça rentre en toi, n'en ressort pas, ça peut s'accepter mais ça n'se guérit pas.

C'est parfois pire que la peste ou que l'choléra, une malaria mentale, un sida cérébral pour cerveau cannibale dans un crâne carcéral.

J'ai passé ma vie à m'fuir, me suis vu m'détruire, chercher l'oubli dans l'euphorie, chercher l'paradis à n'importe quel prix, s'taper des O.d dans des gourbis pourris, rêver d'un monde meilleur vautré dans des taudis, s'croire maudit, banni, putain d'vie, saloperie, goût d'moisi, goût d'chierie, dégoût d'soi, insomnie.

La déchéance était mon seul amour, jour après jour sans espoir de retour, j'me suis fixé comme un damné, jusqu'à c'que mon pieu ait du mal à trouver, l'entrée d'une veine sclérosée par la morsure de l'acier.

Pour le smack j'ai bandé comme tu bandes pour une fille, pute à talons aiguilles, balconnets, bas résille, porte-jarretelles, tapis dans la ruelle, la cuillère posée sur un couvercle de poubelle, j'ai relevé ma manche en bavant sur ma s'ringue comme tu baves sur une gonzesse qui t'rends dingue, mini jupe ras d'la touffe dans un réduit cradingue, partie d'trou du cul dans une veka qui schlingue.

J'ai mal dans l'âme, mal dans l'âme frérot, mes mots sont des larmes, mes rimes des sanglots.

J'ai rien senti monter, j'me suis fait arnaquer, qu'elle soit bonne ou coupée j'étais juste une poupée dans les mains d'un sorcier.

Sans arrêt m'faire des trous c'était mon trip vaudou, je regardais les miens qui partaient un à un, toujours le même refrain, strychnine, mort au rat, suicide, coma, sida.

L'matin j'me réveillais la gueule bien ensuquée, suintant la mort par tous les pores de ma peau, transpirant comme un porc par toutes les parties d'mon corps, j'oubliais d'me laver, d'me raser, j'roulais mon bud, j'l'allumais et j'm'en allais chopper.

J'bouffais vingt Néocodions pour pouvoir décoller, c'était mon seul moyen de m'tenir sur mes pieds, j'enfilais mon blue-jean, le même depuis des mois et j'partais galérer pour trouver d'la meka.

Pas d'amis, pas d'potes, juste un bras qu'on garrotte, j'arpentais les rues à l'affût d'une carotte, j'tremblais, sentais mauvais, j'marchais pas, j'me trainais, j'ai jamais oublié, le vomi, les diarrhées dans lesquels je baignais quand l'besoin m'torturait.

Aujourd'hui j'peux l'raper, ça m'donne des rimes authentiques à gerber, dégueulis vérité sur instru dépouillé, j'ai grossi d'quinze kilos, j'crache mon spleen au micro, j'apprends à vivre avec le coeur en lambeaux, j'essaie de m'recoller morceau par morceau.

J'suis comme un acrobate qui travaille sans filet, un pas d'travers et j'vais brouter l'pavé, la poudre magique est toujours là à m'attendre et pour la prendre y'a qu'un billet à tendre.

Quel que soit mon état, la joie, le désarroi, j'ai qu'une seule solution, m'abstenir de c'truc là, un jour à la fois, même si je doute parfois, les narcotiques c'est terminé pour moi.

J'ai mal dans l'âme, mal dans l'âme frérot, mes mots sont des larmes, mes rimes des sanglots.

 

 

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