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poème
Hymne
à la joie
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Blanche et douce,
Mystérieuse et offerte
A nos bouches,
Hanches frôlées
Sa lumière à nos trousses.
Proche et si haute,
Élancée, flamboyante,
Elle hante nos transes
Brûlant, serrés sous le porche.
Oui, je te laisserai me prendre
entre ses bras.
Statues colonnes nous nous serrerons,
Lascifs, envoûtés, bravant sa froideur
Nos corps nus enlacés sur les dalles,
Pâles, froisseront les pierres tombales
Et les labyrinthes de la nef,
Virevolteront au creux des bas reliefs,
Dans l'oreille d'un preux,
Dans les plis d'un couvre-chef,
Sous les feuilles d'un arbre,
Dans la crinière de marbre
D'un cheval d'Égypte.
Un souffle imperceptible
Animera la craie frémissante
Jusque dans la crypte,
La paille des chaises respirera
L'air des chants, les baisers
Le bonheur d'aimer
Les lèvres emmêlées.
Les couleurs des vitraux, enflammées,
Quitteront leurs habits ancestraux,
Passeront de l'état solide à l'humide beauté
Des fruits sous la rosée.
Des modillons suinteront nos larmes de plaisir
Et des chapiteaux s'échapperont des chapelets
De chuchotements.
Nos halètements tourbillonneront
Dans le chemin de ronde,
Jouant à cache-cache
Entre les baies ouvertes.
Sous les voûtes flotteront
Nos gémissements.
Ensemble nous nous élèverons vers les arcs,
Boutés l'un vers l'autre, l'un en l'autre.
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